
|
BI : Quelles ont été les grandes décisions actées par le conseil d’administration d’Euroméditerranée du 29 octobre dernier ? FJ : « Le conseil d’administration a acté le lancement de la 3ème phase d’Euroméditerranée qui prévoit le lancement de l’aménagement de la Cité de la Méditerranée, l’installation des principaux équipements structurants ( Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Institut International de Management) et la poursuite de la politique d’accueil des institutions et des entreprises. A cet effet, un nouveau pacte d’actionnaires va être signé pour régir les relations entre l’Etat et les collectivités locales pour 2006 à 2012. Ce protocole financier prévoit 200 M€ d’investissements publics. L’Etat a confirmé, en réunion interministérielle du 23 juin 2004, sa participation dans la nouvelle phase d’Euroméditerranée à hauteur 44 M€. S’y ajoutent 90 M€ de financement pour le Murcem. Actuellement, nous sommes en discussion avec les collectivités territoriales pour le complément financier. Je précise qu’à ces 200 M€ de financements publics, vont engendre plus de 3 milliards d’€ d’investissements privés, portant ainsi le ratio investissement privé/public de 2,5 à 5. L’effet de levier est réussi ». BI : Euroméditerranée a réussi à attirer des entreprises sur le quartier de la Joliette. A l’avenir, quelle est votre stratégie commerciale en direction des entreprises ? FJ : « Jusqu’à présent le développement d’Euroméditerranée s’est appuyé sur une offre tertiaire destinée aux grandes entreprises régionales, nationales et parfois internationales. En témoigne notamment l’implantation du siège France de Telecom Italia, le plus gros investissement étranger en région en 2003. Aujourd’hui, notre priorité consiste à développer les fonctions internationales et les emplois décisionnels. Dans ce sens, nous voulons développer une plate-forme de services aux entreprises au travers d’un concept d’un centre d’affaires baptisé provisoirement « Euromed Center ». Sur 60 000 m², dans l’axe du quartier d’affaires de la Joliette, ce complexe va accueillir des équipements pour les échanges internationaux (hôtels, centre de convention, résidences hôtelière…), services institutionnels (chambre de commerce et UBI France) ou encore des prestataires dédiés au développement des entreprises de la région. Nous allons lancer un appel à projets auprès des promoteurs au cours du 1er trimestre 2005 pour une livraison du projet en 2008. L’extension du siège social de CMA-CGM, avec le projet de tour « French Line », un immeuble IGH dont le concours a été lancé auprès d’architectes de renom international confirme le positionnement international du quartier d’affaires ». BI : Quelles sont les grandes opérations de la future Cité de la Méditerranée ? FJ : « Le projet de la Cité de la Méditerranée vise à recomposer la façade maritime de la ville entre le Fort Saint-Jean et Arenc. Dans ce cadre, une nouvelle Zac va être créée avec pour mission d’aménager plusieurs pôles d’attraction. Autour du Fort Saint-Jean, le J4 sera réaménagé pour accueillir des équipements culturels : Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, le Centre de la Mer, ainsi qu’une galerie commerciale et des équipements de loisirs. Les Terrasses du Port, situés en vis à vis du quai de la Joliette et des Docks, vont abriter un complexe commercial et d’activités. Enfin, au nord, le Parc Habité constituera un nouveau quartier vie, avec des logements, le jardin des Docks, le Silo réhabilité en salle de spectacle, les nouvelles archives et la bibliothèque départementales ». BI : Qu’en est-il du réaménagement de la rue de la République ? Quelles sont vos ambitions en terme d’immobilier de commerce ? FJ : « La requalification de la rue de la République s’articule en deux grandes phases. D’une part, il s’agit de requalifier le parc de logements, et notamment remettre sur le marché plus de 1 000 logements actuellement vacants. Les grands propriétaires, et en particulier Marseille République, se sont engagés à respecter les conventions signées en 2001 qui prévoient, notamment un équilibre entre les logements à loyers libres et ceux à loyers conventionnés. D’autre part, nous menons des travaux de requalification de l’espace public, avec la rénovation des façades des immeubles, le traitement des trottoirs, la plantation d’arbres, la construction d’un parking de 800 places, sans oublier le futur tramway. Au total, ce sont quelque 50 M€ de fonds publics qui seront injectés dans la rue de la République. Sur le plan de l’immobilier de commerce, la rue de la République comprend 60 000 m² de commerces, dont 30 000 m² vacants vont revenir progressivement sur le marché. Marseille République a pour projet de redécouper les pieds d’immeubles et développer une offre de moyennes surfaces pour les enseignes. Cette offre s’articulera avec le projet de centre commercial des Terrasses du Port, donnant une dynamique commerciale sans précédent à Euroméditerranée ». BI : Qu’en est-il du quartier Saint-Charles ? FJ : « L’aménagement du quartier Saint-Charles va entrer dans sa phase opérationnelle. La première phase, consistant en la résorption de l’îlot insalubre Bernard Dubois, est achevée. Les familles ont été relogées et le site va pouvoir accueillir l’Espace Nédelec, programme associant un Novotel et des bureaux. Une bibliothèque inter-universitaire ainsi q u’une résidence de logements étudiant sont en cours de construction. Une nouvelle place, la place Longue des Capucins, sera créée pour aérer l’îlot Bernard Dubois. Les travaux débuteront une fois les fouilles archéologiques terminées. Toujours sur le plan des espaces publics, le réaménagement de la place de la Porte d’Aix et la coupure de l’autoroute A7 vont permettre le développement d’un nouvel ensemble résidentiel. Enfin, autour de la gare Saint-Charles, dont les travaux d’extension et de modernisation vont bon train, les premiers travaux d’aménagement des abords devraient démarrer fin 2005 ». BI : Euroméditerranée et l’ensemble des collectivités territoriales ont porté le projet Belle de Mai. Où est-on de ce programme ? FJ : « Le site de l’ancienne manufacture des tabacs de la Seita a été longtemps travaillé par différents opérateurs publics et privés. Le projet d’un pôle média initiée par Euroméditerranée a été repris par la ville de Marseille, en association avec Euroméditerranée, Marseille Provence Métropole, le conseil général des Bouches-du-Rhône, le conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Etat et l’Union européenne. La Belle de Mai est opérationnelle depuis cet été, avec les premiers tournages dans les studios où l’on tourne la série quotidienne de France 3 « Plus belle la vie ». En plus des studios de Marseille, le site abrite des sociétés de production audiovisuelle, comme le Groupe TSF, et des entreprises du secteur multimédia, telle que le portail internet Cityvox. Enfin, la décision récente du CSA d’attribuer une chaîne TV locale à un groupement constitué par Lagardère Médias et AB Productions, associés à la Caisse d’Epargne, complètera la filière média du pôle Belle de Mai ». BI : Au final, comment Euroméditerranée est-il perçu par les marseillais ? FJ : « Après une longue période de doute, les marseillais croient dorénavant à cette opération, surtout depuis que les premiers immeubles sont sortis de terre. Cette adhésion se manifeste avec le succès de la commercialisation des opérations de logements sur le site ». Propos recueillis par Gaël Thomas
|