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« La multiplicité des partenaires d’Euroméditerranée lui assure une visibilité jusqu’en 2013 »
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François Jalinot, directeur général d’Euroméditerranée, compte sur ses partenaires privés et publics pour faire face à la crise économique et financière, et se félicite de la dernière opération en date : un investissement de plus de 100 M€ par BNP Paribas Immobilier. Bilan et nouveaux objectifs de la plus grande opération de rénovation urbaine à l’échelle européenne.
Business Immo : Où en est l’opération Euroméditerranée ? François Jalinot : « Le territoire initial de cette opération porte sur 310 hectares, entre le port et le centre historique de Marseille. Cela représente au total 3,5 Mds€ d’investissement d’ici à 2012. 380 M€ de fonds publics et 1,5 Md€ de fonds privés ont déjà été engagés. Fin 2007, le gouvernement a signé l’extension de 170 hectares au nord du périmètre Euroméditerranée. C’est aujourd’hui la plus grande opération de rénovation urbaine d’Europe, car nous avons la chance de disposer des terrains nécessaires pour recomposer la ville. Nous comptons doubler le quartier d’affaires pour le porter à 1 million de m² et réaliser 14 000 logements supplémentaires. »
BI : Quelles seront les conséquences de la crise économique et financière sur l’avancement des opérations ? FJ : « Nous avons imaginé différents scenarii pour mesurer l’incidence de la crise sur nos projets. La multiplicité des partenaires, privés et publics, nous assurent une visibilité jusqu’en 2013. D’ailleurs, la confiance est encore de mise : BNP Paribas Immobilier vient de lancer une opération mixte de plus de 100 M€ dans le quartier de la Joliette, 33 000 m² comprenant un immeuble de bureaux, 70 logements et une résidence pour personnes âgées. Le stock vacant de bureaux et de logements est aujourd’hui négligeable. Cependant, il faut reconnaître que des menaces planent : certains gros paquebots, comme Euromed Center ou la tour Jean Nouvel perdent du temps, notamment à cause des recours déposés sur les permis de construire. Des retards préoccupants, car ils vont entraîner une panne d’offres, préjudiciable à l’emploi. Il va nous falloir travailler dur pour pousser ces opérations et les aider à sortir de terre le plus vite possible. »
BI : Quel est l’impact attendu d’Euroméditerranée sur l’économie marseillaise ? FJ : « Marseille n’avait pas de quartier d’affaires. Le simple fait de le créer a permis d’attirer les sièges de directions régionales. Nous nous appuyons notamment sur les filières du transport et de la logistique, prépondérantes à Marseille. Parmi nos vecteurs de développement : le secteur de la recherche et des hautes technologies, les plates-formes de services ou de relation clients, un marché sur lequel nous sommes en concurrence avec Barcelone, et le tourisme. Nous visons le million de croisiéristes en 2010, contre 500 000 cette année et 50 000 en 1995. Un hôtel Marriott doit d’ailleurs ouvrir ses portes, ainsi qu’un Palais des événements. Euroméditerranée a pour ambition de donner à Marseille un rôle de métropole européenne. Le projet est soutenu par l’État, puisqu’il s’agit d’une opération d’intérêt national (OIN), par les collectivités et par les aides des fonds européens. Il comprend la réalisation d’une offre immobilière de qualité, afin que les Marseillais réinvestissent ce quartier autrefois délaissé. Aujourd’hui déjà, 2 870 logements ont été construits, dont près de 30% de logements sociaux, et 18 500 emplois ont été créés ou implantés sur le périmètre d’Euroméditerranée. »
BI : Sur le plan urbain, il y a également eu un « effet Euroméditerranée » ? FJ : « Dix ans après son démarrage, on peut dire que cette opération d’aménagement et de développement a métamorphosé la ville. Un quartier d’affaire est né à la Joliette, la Rue de la République, rénovée, a changé de visage, la friche de la Seita, dans le secteur Belle de Mai, s’est transformé en un pôle médias. Quant à la gare Saint-Charles, elle est magnifique. Nous allons d’ailleurs accélérer la requalification du quartier Saint-Charles. Nous avons, en parallèle, cherché à atténuer les infrastructures routières. La démolition de l’autoroute A 55 par exemple vient de se terminer ; elle laissera place à un large boulevard planté d’arbres et équipé de voies cyclables. Le TER circulera dès la fin de l’année depuis la gare TGV jusqu’à l’aéroport et desservira bientôt le quartier d’affaires. »
BI : Marseille sera la capitale européenne de la culture en 2013. Quel bénéfice en tirez-vous ? FJ : « C’est un argument efficace pour convaincre les opérateurs, publics comme privés, de lancer des opérations dès maintenant, de sorte qu’elles soient fin prêtes pour 2013. Le président de la République a, par exemple, enfin donné son aval à la réalisation du musée des civilisations Europe Méditerranée, première délocalisation d’un musée national. L’ensemble de ces opérations doivent contribuer à faire de Marseille le cœur d’une grande aire économique Aix-Marseille-Toulon. Nous comptons notamment devenir la base opérationnelle de l’Union pour la Méditerranée, projet que nous soutenons pleinement. L’objectif est de renforcer ce tissu d’affaires, entre Marseille et ces pays du Sud. »
Voir l'interview de François Jalinot sur Business Immo TV
Propos recueillis par Muriel Breiman
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