BI : Comment se concrétise cet apport de compétences ? SB : « Le Property Manager doit être aujourd’hui à même d’apporter toute une palette de nouveaux services à l’investisseur dès la phase de due diligence. Ces services vont de l’audit technique sécuritaire et environnemental de l’actif, à la budgétisation des charges en passant par l’analyse des problématiques liées à l’occupation de l’immeuble. Il peut s’agir, par exemple, de l’analyse de la conformité d’un RIE ou d’une réflexion sur l’exploitation et la gestion d’un immeuble neuf en cours de livraison. Tous ces services sont autant d’aides à la décision pour l’investisseur. »
BI : Comment les sociétés de Property Management peuvent-elles répondre à l’émergence de ces nouvelles demandes de la part des investisseurs ? SB : « Les gestionnaires immobiliers doivent travailler dans deux axes. D’une part, le Property Manager doit affiner sa connaissance des marchés immobiliers et se doter d’un ensemble de compétences lui permettant de comprendre les problématiques de son client et cela afin d’adapter au mieux sa stratégie de gestion. Ensuite, le Property Manager doit se positionner le plus en amont possible de la démarche de l’investisseur. C’est pourquoi, il doit être à même de proposer des produits en lien avec la stratégie d’acquisition de son client. »
BI : Dans ce cadre, ne positionnez-vous pas les Property Manager comme des concurrents des traditionnels conseils en immobilier ? SB : « Notre positionnement se veut complémentaire de celui des commercialisateurs. Nous souhaitons apporter un regard particulier, avec la sensibilité d’un gestionnaire qui devra gérer l’immeuble sur le long terme avec toutes ses problématiques techniques, juridiques et financières. Je pense que les Property Manager peuvent ainsi apporter aux investisseurs davantage de visibilité quant à leurs acquisitions. »
BI : Quels sont les intérêts des investisseurs à s’appuyer sur un Property Manager dans l’accompagnement de sa politique d’acquisition ? SB : « L’intérêt est d’anticiper sur la future gestion du bien et de la politique qui sera mise en œuvre. Cette anticipation constitue à l’évidence un gain de temps pour l’investisseur quand il rentrera en phase de gestion active. Le Property Manager peut également apporter des réponses sur la gestion future des flux financier dans la mesure où il traite le reporting financier et comptable de l’immeuble. »
BI : Comment cette politique se traduit-elle chez Altys Gestion et comment s’articule-t-elle autour des services que votre groupe propose ? SB : « Chez Altys Gestion, nous avons développé une offre qui s’inscrit dans le cycle d’investissement, adaptable à chaque typologie d’investisseur. Toute la première partie d’expertise et d’accompagnement du client dans l’optimisation de sa politique d’investissement peut donner lieu à une prise de mandat de gestion. Au terme d’une première phase de gestion dont l’objectif est de valider la stratégie de gestion, nous poursuivons notre offre de services en assurant aux clients la gestion courante de leurs actifs, en déclinant le carnet de route de l’immeuble, avec pour premier objectif de faire coller l’actif à son marché. Notre savoir-faire s’exprime dans notre capacité à faire évoluer un immeuble dans le temps, tant sur le plan technique qu’au niveau des services aux utilisateurs. Enfin, nous proposons également aux investisseurs de les accompagner jusqu’à l’arbitrage de leurs immeubles, en aidant à la préparation des data room par exemple. Cela nous permet également de retrouver toute la pertinence de la stratégie immobilière mise en place avec l’investisseur. »
BI : Les investisseurs sont-ils prêts à payer l’ensemble de ces services ? SB : « Avec notre retour d’expérience, oui , car ces nouveaux services répondent à des attentes de plus en plus exprimées. Les investisseurs sont demandeurs d’informations et veulent sécuriser au maximum leurs acquisitions. Ils ont compris que le Property Management, placé encore une fois au cœur de l’immeuble, était un métier à valeur ajoutée qui permet de mieux valoriser leurs actifs au quotidien. Cependant, la qualité de service attendue doit s’inscrire sous trois grands principes : professionnalisme, souplesse et réactivité, paramètres essentiels aux yeux de nos clients.
BI : Comment voyez-vous l’arrivée des conseils en immobilier d’entreprise sur le marché du Property Management ? SB : « Cela montre une chose : c’est que les investisseurs expriment aujourd’hui une volonté de faire jouer un rôle pro-actif au Property Manager dans le cycle d’investissement, à l’instar des autres acteurs du marché. Toutefois, si une demande existe bien, il est à mon sens primordial qu’elle s’inscrive dans la lignée des services déjà existants dans les sociétés de Conseil, c’est à dire fournir un service additionnel à forte valeur ajoutée au service du client.»
Propos recueillis par Gaël Thomas
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