| |
Dans les pages suivantes : toutes les informations sur l'immobilier d'entreprise.
LES PROFESSIONNELS PRUDENTS SUR LA FIN DE LA CRISE
|
 |
 |
| |
A un mois de la fin de l’année, le Simi est toujours un bon baromètre du marché de l’immobilier d’entreprise en France. A en croire l’affluence (plus de 18 000 participants), on pourrait penser que le plus dur est passé. Les avis des professionnels divergent. Le marché locatif donne toujours des signes d’inquiétude quand celui de l’investissement laisse entrevoir une bouffée d’oxygène. C’est ce qui ressort de la conférence sur le bilan et les perspectives du marché, l’une des nombreuses qui ont animé le salon pendant trois jours. Sur le plan locatif d’abord, le niveau de la demande placée de bureaux en Ile-de-France devrait osciller entre 1,7 et 1,8 million de m², en recul de 30 %. « On s’attendait à un ralentissement plus marqué », rassure Max Le Roux, président de BNP Paribas Real Estate Transaction. D’autant qu’il s’est détruit 80 000 emplois dans le tertiaire cette année en Ile-de-France. L’absorption nette sera négative, entre – 100 000 et – 200 000 m² selon le conseil. « Avec 40 000 destructions d’emplois attendues en Ile-de-France l’année prochaine, nous anticipons un niveau de take-up de 1,6 à 1,9 millions de m² », ajoute Max Le Roux. C’est surtout du côté de l’offre que se polarisent les inquiétudes des propriétaires-bailleurs. BNP Paribas Real Estate prévoit un stock de bureaux disponible à un an compris entre 5,3 et 5,6 millions de m² à fin 2010. « 5 millions de m², c’est une opportunité fantastique pour les entreprises : pour déménager dans des locaux neufs, optimiser leurs coûts, leurs espaces, leurs conditions de travail, mais aussi pour renégocier le loyer, les conditions d’occupation ou encore le niveau des services », se félicite Alexis Motte, Pdg de Mobilitis, cabinet de conseil aux utilisateurs. Pour les bailleurs, en revanche, le niveau du stock signifie que la baisse des loyers va se poursuivre. « Une renégociation à la baisse n’est pas gênante pour peu que la durée soit là », reconnaît Christophe Le Corre, CEO de Proudreed. Symbole de cette activité : la restructuration du parc immobilier du groupe Crédit Agricole. La banque fait basculer ses implantations vers le Sud de Paris, prenant 12 000 m² au Kremlin-Bicêtre, 60 000 m² à Villejuif pour LCL et pas loin de 120 000 m² à Montrouge sur le programme Evergreen. Au total, 15 000 salariés devraient être déplacés en 5 ans. « Ce n’est pas seulement un problème d’économie de charges et de loyers qui nous motivent, mais aussi de modernisation, de modifications managériales et de recherche de synergies », assure Guy Bernfeld, directeur général de Crédit Agricole Immobilier. A l’investissement, le climat semble plus clément. Les professionnels anticipent une remontée du volume d’engagement, lequel devrait plafonner à 7 Mds€ en France cette année selon BNP Paribas Real Estate. Les investisseurs anticipent un volume de 10 Mds€ l’année prochaine, avec une forte appétence pour les produits Core. Ainsi, les taux de capitalisation recommencent à se compresser. Pour les bureaux « prime » dans Paris QCA, le taux de rendement est passé de 6,2 % à 5,8 % en un an et on anticipe un taux de 5,5 % à fin 2010. « En dépit du grand mouvement de deleverage, il reste encore beaucoup d’argent à investir sur une classe d’actifs réels comme l’immobilier », souligne Christian Delaire. Le directeur général d’AEW Europe ne cache pas, par ailleurs, son scepticisme sur la reprise économique. Valeur refuge pour les investisseurs, levier stratégique pour les utilisateurs. Elle est peut-être là la vérité du marché.
|
|
|
|
 |
|